Nadia Sholem

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D'abord, il y a le tissu. Les vêtements usés jusqu'à la corde, chargés de temps. Les vêtements d'un être proche disparu, dont on ne parvient pas à se séparer. La naissance d'un enfant pour lequel patiemment, morceau par morceau, on coud le premier doudou. Il y a l'histoire, la grande et la petite, les grands-mères couturières, l'arrière-grand-père tailleur.

 

8 Nadia Sholem 8Un encombrement qui vient se résoudre dans la nécessité de transformer, en place de jeter. Les chiffons, les chutes, shmattès dit le yiddish – ce qui reste une fois que la pièce principale a été taillée et cousue. Le refus de les laisser devenir déchets, le besoin de leur offrir une seconde vie.

Et ainsi sont nées les poupées, lyalkelekh. L'une après l'autre, au fil de la matière. L'étonnement, sans cesse renouvelé, devant l'inanimé qui s'anime d'on ne sait quelle présence. Chaque poupée est un personnage. Elles repeuplent un univers, parlent du vide, de l'absence, mais jamais de manière désespérée.Il s'agit d'un rapiècement joyeux pour donner forme à de nouveaux corps.

 

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